Hormis Apollo, les principales firmes américaines sont en perte au troisième trimestre. Certaines taillent dans leur dividende, d’autres le préservent.
Apollo a créé la surprise hier. Le fonds américain de capital-investissement a annoncé un «résultat net économique» (economic net income qui reflète la valeur comptable des participations) de 104 millions de dollars (94 millions d’euros) au troisième trimestre. Les analystes tablaient pourtant sur une perte comme chez ses concurrents, Carlyle, KKR et Blackstone. Les trois autres leaders américains cotés ont publié respectivement des pertes économiques de 140, 286 et 416 millions de dollars. Une première pour Carlyle depuis son introduction en Bourse en 2012, et depuis 2011 pour ses deux grands rivaux.
Les fonds ont pâti du recul des marchés actions dans le sillage des inquiétudes sur la croissance chinoise en août. L’indice S&P 500 a ainsi accusé sa plus forte baisse en quatre ans. La valeur de leurs participations cotées a mécaniquement diminué, tout comme celle de leurs portefeuilles d’entreprises non cotées, mouvement pour partie inscrit dans les comptes en valeur de marché. Apollo sort du lot grâce à l’appréciation comptable de l’assureur-vie américain Athene Holding, dont il reste le principal actionnaire jusqu’à son entrée en Bourse prévue l’an prochain. Il considère que le prix de cet actif a crû de 20% au troisième trimestre, par croissance organique et grâce à une acquisition en Allemagne.
Apollo se distingue en revanche par une politique de dividendes moins généreuse. Ses bénéfices distribuables ont reculé de 58% sur un an, à 143 millions de dollars ou 36 cents par action (-48%). Chez Carlyle, ils ont au contraire augmenté de 55%, à 244 millions de dollars. Du côté de Blackstone, cette manne est quasi-stable d’une année sur l’autre, à 691 millions de dollars, mais elle recule fortement d’un trimestre à l’autre. Le fonds préfère mettre l’accent sur son dividende record de 2,12 dollars par action sur les neuf premiers mois de l’année.
Enfin, les bénéfices distribuables de KKR baissent de 30% par rapport à fin septembre 2014, à 331 millions de dollars, et le dividende par action fléchit de 45% à 35 cents. La firme va aussi opter pour un dividende fixe de 16 cents par action à compter du quatrième trimestre pour remplacer son taux de distribution qui oscillait entre 75 et 80%. Pour mieux faire passer cette mesure d’austérité, elle a annoncé un programme de rachat d’actions de 500 millions de dollars.
AGEFI

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