Hedge Funds — 31/12/2015 at 12:17

Comment les « hedge funds » investissent les œuvres de charité

by
Leurs dons profitent à l’éducation, à l’art, à l’environnement. Ils varient en fonction de la conjoncture et de la performance des fonds.

Les dons aux organisations ­caritatives sont courants outre­Atlantique et les « hedge funds » ne font pas exception. Quand ils distribuent leur argent, 1 dollar sur 3 profite à l’éducation, 1 sur 6 à l’art, d’après une étude (1). L’environnement, les droits de l’homme, la santé ont recueilli chacun 8 % du montant des donations et la religion, 4 %. Les gérants de « hedge fund » ont tendance à donner de l’argent aux organisations caritatives en vue dans leur milieu financier (Conférence Sohn) et parfois créées par l’un d’entre eux, George Soros, Paul Tudor Jones, Chris Hohn (TCI). Ce dernier est allé plus loin en décidant, à sa création en 2002, de reverser chaque année une partie de ses frais de gestion pour ­alimenter sa fondation. Des gestionnaires retraités ont fait du « charity » leur occupation principale. Thomas Steyer, le fondateur de Farallon, ­consacre l’essentiel de son temps et de son argent au combat pour l’environnement alors que John Arnold, un ancien du fonds Centaurus, a lancé sa fondation, avec son épouse, qui opère sur des thèmes variés (justice, combat contre l’obésité…).

Les dons des « hedge funds » à des organisations de charité ont décollé à partir de 2004, où ils atteignaient 7,5 millions de dollars. Ils avaient été multipliés par 7 (50 millions de dollars) au moment de la crise de 2008, qui leur donna un coup d’arrêt. Ils redescendront ensuite entre 15 et 25 millions par an dans les trois années suivantes. Ils ont rebondi en 2012, où ils ont grimpé à près de 65 millions, leur record.

Outre leur montant, le nombre de donations a aussi fortement ­augmenté : elles étaient inférieures à une centaine par an avant 2003, contre près de 500 par an depuis 2005. Les réunions de « charity » sont une occasion pour la bonne société de faire du relationnel.

Retour sur investissement
Bénéfice pour les « hedge funds » ? Rencontrer et attirer de futurs clients. En effet, ces réunions – les conférences Sohn et Robin des Bois – sont l’occasion de présenter leurs « hedge funds » et les bonnes idées du moment. Une publicité déguisée, ces fonds n’ayant pas le droit de faire un appel public à l’épargne, et qui leur rapporte gros. Leur collecte d’argent augmente de 20 % dans l’année qui suit leur participation à ces œuvres de charité, comme celle de la Fondation Robin des Bois. Lancée par le célèbre gérant Paul Tudor Jones il y a près de vingt-sept ans, elle a collecté près de 2 milliards de dollars au bénéfice d’initiatives dans l’éducation, l’alimentation, le logement pour les défavorisés à New York. L’année passée, elle a levé 85 millions de dollars à l’occasion de galas où se pressent toute la finance new-yorkaise et les célébrités. Sur les 10.000 organisations de charité, la Fondation Robin des Bois en a choisi 200 avec lesquelles elle a noué des partenariats et en attend un retour sur investissement (efficacité) aussi élevé que s’il s’agissait d’investissements classiques.

Enfin les gérants de « hedge fund » sont aussi généreux avec leur ancienne école ou université : un sur deux leur reverse de l’argent. John Paulson a ainsi déboursé 400 millions de dollars pour Harvard, le plus fort don privé jamais reçu par l’université, et Ken Griffin, du fonds Citadel, 150 millions, alors que David Tepper a donné 67 millions de dollars à Carnegie Mellon.

Les Echos

NOUS RECOMMANDONS:

Quand la philanthropie adopte les méthodes des hedge funds
L'industrie des hedge funds s'approche des 3.000 milliards de dollars d'encours
Un CV au top pour séduire les hedge funds après la banque
Voici comment les hedge funds « verrouillent » leurs employés

Leave a Reply

— required *

— required *