Entreprise — 25/02/2016 at 12:02

Les grandes manoeuvres ont souvent échoué

by
London-Stock-Exchange-Atrium
Les essais de rapprochement entre les Bourses ont fréquemment avorté. Pour Deutsche Börse et le LSE, les premières tentatives de mariage datent de 1998.

Entre Deutsche Börse et le LSE, cela ressemble à une grande histoire d’amour… contrariée depuis des décennies. «  Il faut cesser de penser en termes de localisation géographique des Bourses  », avait prévenu le patron de la Deutsche Börse, Werner Seifert, en juillet 1998, avant que n’échoue la première tentative de rapprochement entre les deux entreprises de marché. A l’époque, les banques d’investissement américaines, gros intervenants sur le marché britannique, craignaient que la City ne soit marginalisée par la mise en place de l’euro. Deux ans plus tard, en 2000, les deux ex-fiancés publient à nouveau les bans de leur mariage. Ce dernier ne sera pas célébré, cette fois-ci à cause de la résistance des banques et « brokers » britanniques. La même année naît Euronext, fruit du regroupement de trois Bourses continentales (Paris, Amsterdam et Bruxelles, rejointes par Lisbonne par la suite).

En 2004, nouvelle tentative de rapprochement. Deutsche Börse annonce une offre d’achat sur le LSE pour un total de 2 milliards d’euros. Le moment semble opportun car Euronext ne dispose que de peu de réserves liquides après avoir décidé de verser un dividende exceptionnel à ses actionnaires. C’est un nouvel échec. La Deutsche Börse retire son offre sous la pression de ses actionnaires, dont deux « hedge funds » britanniques, TCI et Atticus.

Les fusions de grande envergure entre les opérateurs de marché historiques ne sont pas légion. En 2012, l’Autorité de la concurrence européenne a contraint Nyse Euronext et Deutsche Börse à annuler leurs projets de rapprochement, arguant que l’ensemble détiendrait un quasi-monopole sur le marché des dérivés . Le gouvernement australien s’est opposé à la reprise de la Bourse de Sydney par Singapore Exchange en 2011 . Le département de la Justice américaine a aussi rejeté une offre du Nasdaq et d’Intercontinental Exchange sur Nyse Euronext. Le rachat du canadien TMX par LSE a été abandonné . Au cours des quinze dernières années, le nombre de rapprochements transfrontaliers est inférieur à 10 ; celui entre Bourses régionales est de 12.

Pourtant, l’histoire des Bourses est celle de la consolidation. Surtout depuis la libéralisation du secteur en 2007 (mise en place de la directive MIF 1) qui a fait exploser les monopoles des Bourses et favorisé les plates-formes de négociation alternatives (MTF), lesquelles, grâce à leurs effectifs et structures de coûts allégés, ont réussi à casser les prix et à prendre des parts de marché substantielles. La technologie est aujourd’hui le nerf de la guerre.


Source : Laurence Boisseau, Les Echos

 

NOUS RECOMMANDONS:

Goldman Sachs et JP Morgan échouent aux stress-tests
Ardian poursuit son offensive dans les fonds de fonds secondaires
Rémunérations : le match BNP Paribas vs Société Générale
Savez-vous ce qui a changé dans la BFI depuis dix ans ?

Leave a Reply

— required *

— required *