Signe de sortie de crise ? Deux bijoux de la finance britannique, Lloyds et Barclays, sont prêts à solliciter les investisseurs privés. Selon Bloomberg, le calendrier de sortie de l’Etat du capital du premier s’accélère. Le gouvernement entend en effet enclencher dans les dix prochains jours la vente des 39 % du plus gros prêteur outre-Manche qu’il détient depuis son sauvetage en octobre 2008.
Même s’il avait une préférence pour engager la vente à la rentrée de septembre-octobre, le processus pourrait être lancé dans la foulée de la publication des résultats de la banque ce mardi. L’action Lloyds a gagné près de 43 %, à 68,37 pence, à Londres depuis le début de l’année, valorisant la banque 48,9 milliards de livres. Le gouvernement, qui a injecté 17 milliards de livres dans le groupe né de la fusion de Lloyds et HBOS, pour les sortir de la crise, pourrait en tirer autour de 5 milliards de livres.
Deuxième banque la plus performante en Bourse derrière Lloyds, parmi les cinq financières de la City, avec une progression de 22 % de son titre, Barclays veut profiter aussi de l’embellie pour affirmer sa souveraineté. Alors qu’elle vient de perdre l’un de ses deux grands investisseurs privés venus à la rescousse lors de la crise, le fonds d’Abu Dhabi, International Petroleum Investment Company, la banque étudierait un plan d’émission de capital contingent (« Coco »).
Exigences du régulateur
Malgré ses déboires judiciaires avec la multiplication des scandales (manipulation du taux du Libor, prix de l’électricité…) et les exigences toujours plus lourdes du régulateur, la banque d’Anthony Jenkins s’est toujours refusé à une quelconque intrusion de l’Etat. Or son superviseur réclame à la banque la moins bien capitalisée de la City de renforcer ses capitaux de 7 milliards de livres ou de délester son bilan de pas moins de 240 milliards de livres d’actifs pour respecter un ratio de levier de fonds propres équivalent à 3 % des actifs qu’elle porte.
Selon le « Wall Street Journal », Barclays a mené des discussions avec des banques d’investissement ces dernières semaines pour évaluer la possibilité d’une augmentation de capital. Mais l’option des « cocos » s’avérerait moins coûteuse que du capital classique. L’intérêt est aussi que ces titres se transforment en actions seulement si le ratio de fonds propres durs atteint un certain plancher. Reste cependant à la banque à persuader ses autorités de contrôle que du capital contingent est aussi sûr que des actions.
Les Echos

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