Les banques de financement et d’investissement européennes (BFI) font pâle figure à côté de leurs homologues américaines. Au premier trimestre 2013, selon une étude de Credit Suisse publiée vendredi 12 avril, le revenu des BFI sur le Vieux ontinent devrait reculer de 9 % sur un an.
A court terme, celles-ci font face à des risques réglementaires, soulignent les analystes de Credit Suisse. A commencer par d’éventuelles évolutions du omité de Bâle sur la titrisation, attendues dans le courant du premier semestre. Les risques de litiges judiciaires sont encore très présents, comme en témoignent les 600 millions d’euros supplémentaires provisionnés par Deutsche Bank. En dépit des charges lourdes supportées en 2012, les banques européennes devraient encore subir des pertes liées aux affaires : 3,1 milliards de dollars pour UBS, 2,4 milliards pour Barclays, et 1,2 milliard pour Deutsche Bank. Enfin, l’environnement économique en Europe se détériore, du fait notamment des incertitudes sur le redressement des pays du ud, ce qui « affecte directement les banques périphériques » et « génère un climat négatif pour l’ensemble des banques ».
Deutsche Bank résiste bien
Deutsche Bank devrait s’en tirer mieux que ses concurrents, affichant une « résilience de ses revenus, particulièrement dans l’activité de taux, alors que d’autres concurrents ont réduit leurs activités », souligne l’étude de Credit suisse. Les revenus de la BFI devraient ainsi baisser de 4 % au premier trimestre 2013 seulement par rapport à la même période en 2012. Toutefois, les analystes soulignent l’existence de « vents contraires » pouvant peser sur la performance, notamment la mise en oeuvre de son plan de réduction des coûts et de cession des actifs non stratégiques.
La banque britannique HSBC devrait également bien tirer son épingle du jeu, avec des revenus quasi stables (en recul de 1 % sur un an). Les marchés attendent la prochaine journée investisseurs en mai pour connaître le détail du nouveau plan d’économies de la banque britannique. De même, Barclays devrait enregistrer au premier trimestre un « résultat solide ». Le revenu trimestriel de la banque britannique devrait reculer de 5 % sur un an mais progresser de 29 % par rapport au dernier trimestre 2012. Il est cependant encore trop tôt pour évaluer l’impact du plan de restructuration annoncé en février dernier.
RBS fait, en revanche, office de dernier de la classe. Les revenus trimestriels dégagés par sa BFI devraient plonger de 28 % en un an, estiment les analystes de Credit suisse, son activité étant affectée par les nombreux départs de cadres moyens et dirigeants, l’affaire du Libor et la menace d’une restructuration supplémentaire. Quant à UBS, il lui faudra convaincre le marché que son plan de recentrage stratégique, qui a conduit à l’arrêt de certains produits, de taux notamment, n’a pas d’incidence négative sur les revenus. Alors que l’activité de financement s’est montrée plutôt résistante, les activités de marché devraient faire les frais d’un environnement peu favorable et de la restructuration engagée.
Les Echos
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