La Bourse de Paris a terminé sur un nouveau plus haut annuel jeudi 20 décembre. Depuis plusieurs semaines, elle ne cesse de dépasser ses propres records annuels, après avoir atteint le 7 décembre dernier son plus haut niveau depuis l’été 2011. Depuis le 1er janvier, le CAC a progressé de 15,43%, grâce surtout à une amélioration de l’environnement macroéconomique international. Il devrait finir l’année au dessus des 3600 points. Explications.
Les risques se sont éloignés en zone euro
Après six premiers mois tumultueux, les principaux risques se sont éloignés en zone euro. Les inquiétudes sur la Grèce et sur l’Espagne notamment se sont apaisées. Les grandes échéances qui freinaient encore la tendance haussière sont passées et se sont bien déroulées: déblocage de l’aide à la Grèce dans le sillage du succès de l’opération de rachat de la dette, renflouement des banques espagnoles et accord sur l’Union bancaire. Toutes ces avancées éloignent le risque systémique d’explosion de la zone euro et plaident pour un retour des investisseurs sur le marché des actions européens. Mercredi, le relèvement de la note grecque par Standard & Poors a fini de tranquilliser les investisseurs.
Preuve que la défiance a pour un temps au moins quitté les marchés : l’euro est historiquement haut, la France et l’Allemagne s’endettent à des taux négatifs -la semaine dernière Paris a emprunté près de 6 milliards à des taux négatifs-, et même l’Italie emprunte à des taux en baisse.
Meilleures perspectives de croissance en Chine
Parmi les bonnes nouvelles macroéconomique qui ont tiré la Bourse vers le haut ces dernières semaines, les prévisions de croissance soutenues en Chine ont aussi comblé les investisseurs, qui craignaient un atterrissage brutal de l’économie. La croissance devrait y atteindre 8% en 2013 selon le centre d’information d’Etat, un cercle de réflexion proche du gouvernement. Dans la foulée, la Banque mondiale a également relevé ses perspectives de croissance pour la Chine de 8,1 à 8,4%. “Le ralentissement de l’économie chinoise semble avoir désormais atteint son point le plus bas”, a même estimé l’institution.
Attentes des discussions sur le mur budgétaire américain
C’est la seule ombre au tableau: depuis le début du mois de décembre, les investisseurs du monde entier vivent au rythme américain. Ils suivent les commentaires et les rumeurs sur l’évolution des négociations entre Démocrates et Républicains, qui doivent trouver un accord sur le mur budgétaire avant le 31 décembre. Même la révision à la hausse ce jeudi de la croissance américaine, au troisième trimestre -à 3,1%- n’a pas vraiment réussi à contenir l’inquiétude liée à l’attente. Il faut dire que l’enjeu est de taille car faute d’accord, les ménages américains seront confrontés à des hausses automatiques d’impôts et à des coupes dans les dépenses publiques, qui risqueraient de faire tomber le pays dans la récession.
Vendredi matin, après l’échec du républicain John Boehner, à faire voter son camp en faveur d’un plan “B” concernant le “fiscall cliff”, un nouveau vent d’inquiétude a soufflé sur les places boursières mondiales. Et ce malgré la conviction qu’au fond un accord devrait être trouvé de façon imminente.
Des résultats d’entreprises moins mauvais qu’escompté
Ajouté à ces -relatives- bonnes nouvelles macroéconomiques, les résultats d’entreprises du troisième trimestre ont plutôt été moins mauvais qu’escompté, grâce notamment à l’effet des restructurations. En France, les entreprises les plus internationalisées sont une fois encore celles qui ont le mieux résisté, à l’image d’Essilor, Air Liquide, ou Axa. Quand d’autres n’ont pas échappé aux mauvaises nouvelles, comme Alcatel-Lucent, dont les revenus ont chuté de près de 10 %, ArcelorMittal, désormais surendetté, et Danone, qui a réduit son objectif de marge opérationnelle 2012.
Au niveau boursier, depuis le 1er janvier, les valeurs qui ont le plus progressé sont Lafarge (+77%), Solvay, Société Générale, Michelin, Renault, BNP, Crédit Agricole et Safran. Les seules valeurs qui ont chuté sont France Télécom (-31,64%), GDF-Suez, EDF, Vallourec, Alcatel, Bouygues, ArcelorMittal et Total. Les utilities notamment sont fortement pénalisés par les incertitudes entourant le secteur de l’énergie en Europe.
Vers une reprise graduelle pour 2013
Après ce bon cru 2012, que faut-il espérer pour 2013? Malgré un environnement macroéconomique qui devrait rester maussade l’an prochain, les analystes anticipent une reprise graduelle des marchés actions. Selon les estimations de l’agence Reuters, le CAC 40 devrait encore croître de 9% d’ici à fin 2013. Pour les spécialistes, le fameux goût du risque -qui encourage les gérants à s’orienter vers les actions grâce à un retour de la confiance et à des perspectives de gains plus importants que sur les actifs non risqués, comme les obligations- s’impose progressivement, constituant un facteur de soutien primordial. “Pour preuve, la volatilité mesurée par l’indice Vixx, aussi appelé indicateur de la peur, évolue autour de ses plus bas de l’année, ce qui veut dire que les marchés ne sont pas stressés et sont prêts à investir”, conclut Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.
L’Expansion
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