Économie — 26/02/2015 at 13:47

Les défis de la finance carbone

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L’intérêt des professionnels pour les enjeux industriels et financiers de l’économie verte et de la lutte contre les changements climatiques est mis à rude épreuve. L’absence d’engagement multilatéral de long terme sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre prive le monde économique de visibilité sur le long terme.

La conférence sur le climat qui s’est tenue à Lima (Pérou) fin 2014 a renvoyé à 2015, à Paris, un éventuel accord mondial sur une action commune contre les dérèglements climatiques. La seule référence qui subsiste à ce stade est le protocole de Kyoto, mais il ne s’applique plus qu’à une poignée de pays développés.

Dans ce contexte, les ratés du marché du carbone sont une source de préoccupation majeure. La crise a envoyé les prix du carbone au tapis (European units allowances, Certified emissions reductions). A Paris, Bluenext a dû être fermé fin 2012 dans un malaise général, les échanges au comptant s’étant raréfiée au bénéfice des contrats à terme sur la plate-forme londonienne (ICE). Mi-novembre, la Commission européenne a envisagé des dispositions à court terme pour lutter contre le surplus de quotas disponibles sur le marché. Elle a aussi lancé des pistes pour réformer en profondeur le système d’échanges des permis à polluer et a proposé de décaler le calendrier des mises aux enchères de quotas prévues pour la période 2013 à 2020 (phase 3) afin de ne pas enfoncer davantage les prix des quotas. Il a fallu attendre le 24 février 2015 pour que le Parlement européen vote un texte avançant à 2018, et non plus 2021, la mise en place d’une “réserve de stabilité de marché” afin d’éponger le surplus de quotas. Un texte qui devait encore être soumis aux Etats membres.

Lors de la conférence de Durban, du 28 novembre au 11 décembre 2011, la finalisation d’un accord multilatéral sur le climat a été reporté à 2015. Et à 2020 son entrée en vigueur. Dans l’intervalle, le Protocole de Kyoto, seul traité légalement contraignant existant, a été prolongé au delà de 2012. Autre difficulté, les fraudes, qui ont perturbé le marché des quotas, ont laissé des séquelles. Sur le plan réglementaire, le changement de statut des quotas d’émission dans le cadre de la directive MIF suscite la polémique. Enfin les choix européens en matière de taxe restent encore incertains. Dans ce contexte d’ailleurs, BlueNext, la bourse du carbone française, fermera ses portes fin 2012.

AGEFI

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