Private Equity — 08/02/2016 at 15:22

L’Amérique plus ouverte aux acquéreurs chinois ?

by
nyc
L’Amérique est-elle en train de faire tomber ses barrières protectionnistes face aux appétits chinois ?

Sur le seul mois de janvier, la Chine a conclu pas moins de six acquisitions aux Etats-Unis pour 8,9 milliards de dollars, dont deux des cinq plus importantes de son histoire bilatérale : les activités d’électroménager de General Electric par Qingdao Haier pour 5,4 milliards de dollars et Legend Pictures par Dalian Wanda Group pour 3,5 milliards de dollars. Selon les données de Thomson Reuters, ce début d’année n’a jamais été aussi actif sur le front des fusions-acquisitions entre les deux pays. Le montant de l’opération de Qingdao Haier – qui reste encore soumise au feu vert des autorités américaines – n’est d’ailleurs pas si éloigné du record, à ce jour, conclu en 2013 par Shuanghui International pour Smithfield (6,9 milliards de dollars). L’année 2015 a déjà renoué avec le pic de transactions conclues entre les deux pays, avec 13 milliards de dollars. A ce rythme, 2016 promet d’être l’année de la percée de la Chine aux Etats-Unis.

Le pays semble faire moins peur et la réalité des prix offerts par les acquéreurs asiatiques, plus généreux que la moyenne, avoir raison des craintes des autorités américaines de mainmise sur des actifs stratégiques. Qingdao Haier n’a ainsi pas hésité à débourser 2 milliards de dollars de plus qu’Electrolux pour les actifs de GE.

On ne pourra cependant décréter une véritable levée des barrières que lorsque les Etats-Unis seront prêts à céder des actifs plus sensibles que ceux de GE (des gazinières). Sans compter que Qingdao Haier est aidé par un actionnariat pour partie américain – la firme de private equity KKR est à son capital. Dans des secteurs à haute visée technologique, les obstacles persistent. En témoigne, l’été dernier, l’échec du conglomérat Tsinghua Unigroup à mettre la main sur le fabricant de puces américain Micron pour 23 milliards de dollars. Malgré une tournée aux Etats-Unis fin août, les élans protectionnistes de sénateurs appelant l’agence américaine pour les investissements étrangers (CFIUS) à rejeter la transaction ont eu raison de l’opération. Et en septembre, le chinois Montage Technology a échoué dans son OPA hostile à 430 millions de dollars sur le groupe de semi-conducteurs américain Pericom, par crainte de rejet des autorités. Il faudra voir aussi si les autorités américaines baisseront la garde si se présentait le rachat d’un groupe parapétrolier fragilisé par le cours du baril. L’américain Unocal symbolise depuis 2005 le plus gros échec d’un acquéreur chinois, à 19,5 milliards de dollars.

Les Echos

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