Private Equity — 31/03/2016 at 12:04

Une ambition qui passe par plus de moyens

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L’Afic relance son combat pour un fléchage de l’épargne.

Le capital-investissement français a-t-il vraiment les moyens de ses ambitions ? A priori, non. L’industrie française du « private equity », si elle vit confortablement, ne vit pas d’excédents : elle investit en effet ce que les investisseurs veulent bien lui accorder, ni plus ni moins. Pour allouer le double en capital aux PME d’ici à cinq ans, il faudra donc qu’elle double les moyens dont elle dispose. Ces moyens, seuls les investisseurs sont en mesure de les lui donner. « L’offre fait naturellement progresser la demande », résume le président des fonds français au sein de l’Afic, Michel Chabanel. Dès lors, « si en France, les investisseurs institutionnels attribuaient ne serait-ce que 3 % de leurs actifs au capital-investissement, ce serait un pas conséquent. »

On en est néanmoins loin. En dépit des taux bas qui devraient les pousser dans les bras du capital-investissement, les investisseurs institutionnels français consacrent moins de 1 % de leurs actifs au non-coté, selon les chiffres de l’AF2I, l’organisme qui les représente. Leurs concurrents européens investissent 3 % de leurs actifs au « private equity ». Quant aux fonds de pension nordiques et anglo-saxons, pas moins de 7 à 8 %. Ce manque d’intérêt affiché est d’autant plus paradoxal que l’appui du politique au non-coté hexagonal n’a jamais été aussi fort : 71 % des capitaux viennent du territoire, dont bpifrance détient la part du lion, contre 59 % seulement en 2014.

Pour l’Afic, il faut donc aller au-delà de cet appui public en soutenant son combat de longue haleine : flécher une partie du réservoir d’épargne des Français, en assurance-vie en particulier, vers ses fonds, pour qu’ils nourrissent le tissu économique français. Le tempo est choisi, un an avant la présidentielle : « La période électorale qui s’annonce devra être favorable à un meilleur fléchage de l’épargne longue et abondante des Français vers l’investissement dans l’économie réelle créatrice des emplois de demain », martèle le président de l’Afic, avec l’espoir d’être enfin entendu par l’exécutif.

Plus sélectives
C’est, de fait, l’une des dernières pièces manquante au dispositif pour servir l’ambition de l’Afic. Les banques n’hésitent pas à financer les meilleurs dossiers d’acquisition avec effet de levier (LBO), se pressant à près d’une vingtaine sur certains dossiers. « Elles restent cependant sélectives, et demandent implicitement aux fonds davantage de capital investi », souligne Patrick Sandray, responsable du leverage finance en France, Belgique et Suisse à la Société Générale. Mais le doublement du marché ne se fera pas par ces seuls LBO, qui atteignent leur maturité après avoir changé de mains déjà 3 ou 4 fois. Or, pour que les fonds puissent investir, « il faudrait que les industriels accélèrent leurs cessions et que plus de patrons organisent la transmission de leur PME avec des fonds », note Stéphane Barret, responsable mondial des fonds chez Cacib. La partie n’est pas gagnée.


Source : Les Echos

 

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