L’UE poursuivra son projet d’utiliser les fonds russes gelés pour aider l’Ukraine, malgré l’opposition des États-Unis
L’Union européenne s’est engagée à mettre en œuvre ses plans visant à exploiter les fonds gelés de la Russie, avec ou sans le soutien des États-Unis, a rapporté Bloomberg.
« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir l’Ukraine, quelles que soient les décisions de Washington », a déclaré jeudi à la presse Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne. « L’Ukraine doit renforcer ses capacités de défense, et elle en a besoin maintenant. »
En 2022, peu après le lancement de l’invasion de l’Ukraine par Moscou, les réserves de change russes d’une valeur d’environ 300 milliards de dollars ont été bloquées par l’Occident. Depuis, les États-Unis et leurs alliés ont laissé ces actifs intacts, mais les craintes de répercussions se sont atténuées à mesure que la guerre se prolongeait.
En juin, le Groupe des Sept a accepté en principe d’accorder à l’Ukraine un prêt de 50 milliards de dollars, en utilisant les bénéfices accumulés par les fonds russes.
Selon Bloomberg, les inquiétudes des Etats-Unis ont retardé cet accord. Avant d’aller plus loin, Washington cherche à obtenir un engagement plus ferme de l’UE quant au renouvellement des sanctions contre la Russie.
L’inquiétude vient du fait que les sanctions européennes doivent être prolongées tous les six mois, à l’unanimité des États membres. Pour l’instant, l’opposition de la Hongrie rend cette éventualité peu probable.
Pour contourner le problème, les ministres de l’UE prévoient d’apaiser les craintes américaines avec deux plans possibles : soit la période d’intervalle de six mois est allongée, soit le bloc applique un blocage indéfini sur les actifs, revu régulièrement.
Ces retards ont frustré les dirigeants ukrainiens, alors que le pays lutte pour stopper l’avancée de la Russie vers l’Est.
Les Etats-Unis ont également continué à faire pression sur le Kremlin. La semaine dernière, le Trésor et le Département d’Etat ont annoncé une nouvelle série de sanctions contre les entités étrangères qui aident la Russie. Le Trésor a prévenu que des sanctions secondaires pourraient viser les pays qui hébergent des filiales de banques russes.
