La Russie s’attend à des « décennies » de sanctions économiques occidentales, selon un responsable
La Russie voit son économie traverser « des décennies » de sanctions économiques de la part de l’Occident, selon un responsable du ministère des Affaires étrangères.
« C’est une histoire qui durera des décennies », a déclaré vendredi Dmitri Birichevsky, un responsable du ministère russe des Affaires étrangères, lors d’un forum à Moscou, selon Reuters. « Quels que soient les développements et les résultats d’un règlement pacifique en Ukraine, ce n’est en fait qu’un prétexte ».
Après avoir envahi l’Ukraine en février 2022, la Russie est devenue le pays le plus sanctionné parmi les nations ciblées par l’Occident avec des restrictions économiques.
D’autres pays font l’objet de sanctions depuis longtemps, comme l’Iran, la Corée du Nord et le Venezuela, avec lesquels Moscou collabore, selon Birichevsky, pour former une coalition « anti-sanctions ».
« Les sanctions ont été introduites bien plus tôt. Leur objectif ultime est la concurrence déloyale », a déclaré M. Birichevsky lors d’une table ronde.
Les départements d’État et du Trésor américains ont imposé des sanctions à plus de 300 personnes et entités qui soutiennent les objectifs militaires russes, selon un rapport de juin du secrétaire d’État Antony Blinken.
Les sanctions visent principalement les entités des secteurs de l’énergie, des métaux, des mines et des logiciels, qui font partie intégrante des efforts de guerre de la Russie.
Birichevsky a déclaré que les sanctions ont obligé la Russie à augmenter la production de certains biens qu’elle aurait auparavant importés.
« Dans les années 1990, nous pensions que si nous avions du pétrole et du gaz, nous pourrions acheter tout le reste à l’étranger. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus acheter cela », a-t-il déclaré.
Les sanctions ont également forcé la Russie à envisager de recourir au troc avec la Chine pour contourner les restrictions, selon un rapport de Reuters publié jeudi.
Malgré les sanctions, l’économie russe continue de croître, mais à un rythme plus lent, et les experts prédisent que le pays va connaître des difficultés à mesure que sa période d’isolement par rapport à de larges pans de l’économie mondiale se prolonge.
La croissance du PIB au deuxième trimestre a ralenti à 4% contre 5,4% au premier trimestre, marquant le taux de croissance économique trimestriel le plus bas depuis début 2023, selon un rapport de l’AFP. Le PIB a augmenté de 4,7% au total au premier semestre 2024.
